Comprendre la maladie parathyroïdienne
Pourquoi cette affection passe-t-elle souvent inaperçue ? →
Types d'hyperparathyroïdie primaire →
Qu'est-ce que l'hyperparathyroïdie primaire ?
L'hyperparathyroïdie primaire survient lorsqu'une ou plusieurs glandes parathyroïdes (petites glandes situées dans le cou) produisent une quantité excessive d'hormone parathyroïdienne (PTH). Ce taux anormalement élevé de PTH entraîne une hypercalcémie (taux élevé de calcium dans le sang), responsable de nombreux symptômes.
Pourquoi cette affection passe-t-elle souvent inaperçue ?
L'hyperparathyroïdie primaire est étonnamment fréquente, touchant environ 1 personne sur 500 à 1 000. Elle reste pourtant souvent non diagnostiquée pendant des années, pour plusieurs raisons :
- Les symptômes se confondent avec ceux de nombreux autres problèmes médicaux : la fatigue, la dépression, les troubles de concentration et les douleurs musculaires sont des plaintes courantes que les médecins attribuent parfois à l'âge, à la ménopause, à des troubles thyroïdiens, à des carences vitaminiques, au stress, à la dépression ou à la fibromyalgie. Certains patients s'entendent dire que leurs symptômes sont « psychologiques » ou se voient prescrire des antidépresseurs, alors que la véritable cause est un taux élevé de calcium.
- Les symptômes peuvent être vagues ou progressifs : la maladie évoluant souvent lentement sur plusieurs années, les patients ne réalisent parfois l'ampleur de leur malaise qu'après un traitement efficace. Beaucoup décrivent alors une sensation de « brouillard qui se dissipe » après l'intervention chirurgicale.
- Le calcium et la PTH ne sont pas systématiquement dosés : les bilans sanguins standards n'incluent généralement pas le calcium, et la PTH n'est que rarement mesurée en l'absence de raison particulière de soupçonner une maladie parathyroïdienne. Beaucoup de médecins n'envisagent pas ces examens, surtout chez les patients jeunes.
- Certains patients ne présentent que peu, voire aucun symptôme apparent : la maladie peut alors être découverte fortuitement lors d'un dosage du calcium réalisé pour une autre raison; par exemple un examen physique de routine, un bilan de calculs rénaux ou un bilan d'ostéoporose.
Si vous souffrez de fatigue inexpliquée, de changements d'humeur, de calculs rénaux ou de problèmes osseux, il est conseillé de demander à votre médecin de vérifier vos taux de calcium et de PTH. Une simple prise de sang peut révéler cette affection, pourtant tout à fait traitable.
Types d'hyperparathyroïdie primaire :
- Atteinte d'une seule glande (environ 85 % des cas) : une seule des quatre glandes parathyroïdes se transforme en adénome (tumeur bénigne) et produit une quantité excessive de PTH.
- Atteinte de deux glandes (environ 4 à 5 % des cas) : deux glandes sont atteintes et sécrètent un excès de PTH.
- Atteinte des quatre glandes (environ 10 à 15 % des cas) : les quatre glandes s'hypertrophient (hyperplasie), souvent en lien avec des facteurs génétiques.
Symptômes courants :
Beaucoup de personnes ne présentent aucun symptôme apparent au début, ce qui explique que cette affection soit souvent découverte lors d'analyses sanguines de routine. Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent inclure :
- Fatigue et faiblesse
- Dépression, anxiété ou difficulté à se concentrer (« brouillard cérébral »)
- Calculs rénaux
- Douleurs osseuses ou fractures liées à une fragilisation des os (ostéoporose)
- Mictions fréquentes et soif excessive
- Troubles digestifs tels que brûlures d'estomac, nausées ou constipation
- Hypertension artérielle
- Palpitations cardiaques
Complications potentielles
- Ostéoporose et fractures : un taux élevé de PTH entraîne une décalcification osseuse, fragilisant les os.
- Calculs rénaux et lésions rénales : l'excès de calcium peut cristalliser dans les reins, formant des calculs rénaux.
- Problèmes cardiovasculaires : hypertension artérielle, arythmie cardiaque et risque accru de maladies cardiaques.
- Déclin cognitif : troubles de la mémoire et diminution de la qualité de vie.
- Pancréatite : un taux élevé de calcium peut déclencher une inflammation du pancréas (pancréatite), causant de fortes douleurs abdominales et des complications potentiellement mortelles.
- Ulcères gastroduodénaux : l'augmentation de la production d'acide gastrique peut provoquer des ulcères.
- Complications de grossesse : chez les femmes en âge de procréer, une hyperparathyroïdie non traitée augmente le risque de fausse couche, d'accouchement prématuré et de complications graves pour la mère et l'enfant. Le nouveau-né peut également présenter une hypocalcémie sévère nécessitant des soins intensifs.
Comment diagnostique-t-on l'hyperparathyroïdie primaire ?
Évaluation clinique : votre médecin examinera vos symptômes et vos antécédents médicaux, à la recherche de signes compatibles avec une hypercalcémie. Chez de nombreux patients, le diagnostic est posé avant même l'apparition de symptômes, grâce à des analyses sanguines de routine réalisées pour d'autres raisons.
Analyses sanguines et urinaires :
- Taux de calcium : mesuré à plusieurs reprises pour confirmer une élévation.
- Taux de PTH : un taux de PTH anormalement élevé, ou simplement « normal » en présence d'une calcémie élevée, confirme le diagnostic.
- Taux de vitamine D : important à vérifier, car une carence en vitamine D peut entraîner une élévation du taux sanguin de PTH.
- Tests de la fonction rénale : pour évaluer une éventuelle atteinte rénale.
- Recueil d'urine sur 24 heures : mesure l'excrétion de calcium et aide à évaluer le risque de calculs rénaux.
Examens d'imagerie : une fois le diagnostic confirmé par les analyses de laboratoire, différents examens d'imagerie permettent de localiser la ou les glandes hyperactives et de planifier une intervention chirurgicale ciblée :
- Échographie : examen indolore utilisant les ultrasons pour visualiser les glandes parathyroïdes du cou.
- Scintigraphie au sestamibi : examen de médecine nucléaire consistant à injecter une petite quantité de traceur radioactif qui se concentre dans le tissu parathyroïdien hyperactif.
- Scanner 4D : scanner avancé qui capture des images au fil du temps, fournissant une anatomie 3D détaillée et montrant les flux sanguins pour aider à identifier les glandes anormales.
- Autres examens d'imagerie : dans les cas complexes, un PET-scan ou une IRM peuvent être utilisés.
Options de traitement
Traitement chirurgical : l'ablation de la ou des glandes parathyroïdes hyperactives (parathyroïdectomie) est le seul traitement curatif de l'hyperparathyroïdie primaire.
- Parathyroïdectomie mini-invasive : lorsqu'une seule glande anormale est identifiée, une petite incision permet souvent de ne retirer que cette glande.
- Exploration cervicale bilatérale : lorsque plusieurs glandes sont atteintes ou que leur localisation est incertaine, les quatre glandes sont examinées par une incision légèrement plus grande.
Prise en charge médicale : l'intervention chirurgicale peut être reportée ou évitée dans certains cas:
- Si vous présentez des problèmes de santé importants rendant l'intervention trop risquée.
- Si votre hypercalcémie est très légère et/ou que vous ne présentez aucun symptôme ni complication.
- Pendant la préparation à l'intervention, ou si vous préférez attendre.
Dans ces cas, nous pouvons recommander :
- Une surveillance régulière du taux de calcium, de la PTH, de la fonction rénale et de la densité osseuse.
- Une hydratation adéquate.
- Des médicaments appelés calcimimétiques, qui peuvent abaisser le taux de calcium (sans toutefois guérir la maladie).
- Des bisphosphonates pour préserver la densité osseuse.
Évaluation des risques d'une parathyroïdectomie :
Les risques liés à l'intervention chirurgicale comprennent :
- Les risques liés à l'anesthésie générale (très faibles).
- Les saignements ou infections (rares).
- Des modifications de la voix, temporaires ou permanentes, dues à une lésion nerveuse (très rares).
- Une hypocalcémie postopératoire (généralement temporaire et corrigée par une supplémentation en calcium).
- La persistance de la maladie si tous les tissus anormaux ne sont pas localisés et retirés lors de l'intervention (rare).
Les risques liés à l'absence d'intervention chirurgicale comprennent :
- Une perte osseuse progressive et des fractures.
- Des calculs rénaux, des infections rénales et une insuffisance rénale.
- Une aggravation de la santé cardiovasculaire.
- La persistance de symptômes altérant la qualité de vie.
- Une pancréatite.
- Le risque d'une intervention chirurgicale plus complexe en cas de report.
Pour la plupart des patients, notamment ceux qui présentent des symptômes, des complications ou des anomalies biologiques significatives, les bénéfices de l'intervention chirurgicale l'emportent largement sur les risques.
À quoi faut-il s'attendre après l'opération ?
Rétablissement immédiat :
- La plupart des patients rentrent chez eux le jour même ou après une nuit d'hospitalisation.
- Vous aurez une petite incision au cou, fermée par des points de suture résorbables ou de la colle chirurgicale.
- Une légère gêne au niveau du cou est normale et se soulage avec des analgésiques en vente libre.
- La plupart des patients reprennent un travail de bureau en quelques jours, et leurs activités habituelles en une à deux semaines.
Taux de calcium : après l'ablation du tissu parathyroïdien hyperactif, vos glandes parathyroïdes restantes ont besoin de temps pour retrouver leur fonction normale, après avoir été mises au repos.
Durant cette période d'adaptation :
- Votre taux de calcium peut diminuer temporairement (un syndrome des « os affamés » peut survenir si les réserves osseuses étaient très faibles).
- Nous surveillerons attentivement votre taux de calcium.
- Vous pourriez avoir besoin de suppléments temporaires de calcium et de vitamine D.
- Le taux de calcium de la plupart des patients se normalise en quelques semaines.
Amélioration des symptômes :
- La fonction rénale se stabilise et le risque de calculs rénaux diminue rapidement.
- La densité osseuse commence à s'améliorer en quelques mois.
- Le niveau d'énergie et la clarté mentale s'améliorent souvent en quelques semaines.
- Certains symptômes, comme les douleurs osseuses, peuvent mettre plus de temps à disparaître.
Suivi à long terme
Nous assurons un suivi rigoureux pour garantir un succès durable.
Première année :
- Contrôle des taux de calcium et de PTH plusieurs fois pendant la première année après l'intervention.
- Ajustement de la supplémentation en calcium et en vitamine D selon les besoins.
- Surveillance de tout signe de récidive.
À long terme :
- Mesures annuelles du calcium et de la PTH.
- Surveillance de la fonction rénale en cas d'antécédents de lésions rénales.
La grande majorité des patients guérissent après une seule intervention et retrouvent une meilleure santé et une meilleure qualité de vie. Les récidives sont rares et surviennent généralement plusieurs années après l'opération.
Chez VM-Med, notre équipe chirurgicale expérimentée se spécialise en chirurgie parathyroïdienne et effectue régulièrement ces interventions avec d'excellents résultats. Nous sommes là pour vous accompagner à chaque étape, du diagnostic à la convalescence.
Prendre un rendez-vous
Le moyen le plus rapide de nous joindre est de compléter le formulaire de demande en ligne ci-dessous. Nous répondons aux demandes en ligne dans dans les plus brefs délais durant les heures d'ouverture régulières.
En cas d'urgence, veuillez composer le 911.
1538 rue Sherbrooke Ouest,
Suite 1000 (10e étage)
Montréal, QC, H3G 1L5
Obtenir les directions >
514-933-2778
1-800-849-6048
514-788-1484
Lundi au vendredi: 8:00 – 16:00 Samedi: Fermé
Dimanche: Fermé
Pourquoi choisir
VM Med ?
Opter pour des services de santé dans notre clinique privée garantit aux patients de recevoir d'excellents soins en temps opportun avec un spécialiste. Des examens complets, y compris la consultation, l'échographie et la biopsie (si nécessaire) sont effectués sur place et les résultats sont fournis dans les 72 heures.