Comment distinguer l’endométriose des douleurs menstruelles ?

(Tina Dawn/ VM Med) — La menstruation, ainsi que l’inconfort qui l’accompagne régulièrement, font couramment partie du cycle mensuel de nombreuses personnes. En fait, les règles douloureuses sont si répandues qu’il existe un terme médical pour les désigner : la dysménorrhée. Cette douleur menstruelle quotidienne s’accompagne généralement de crampes utérines, ainsi que de symptômes passagers comme des maux de dos, des maux de tête, de légères nausées ou des changements dans le transit intestinal pendant les règles.
Cependant, il est crucial de noter qu’une douleur intense et invalidante liée à la menstruation n’est PAS normale. Bien que de légères crampes soient courantes, une douleur qui nuit à votre vie quotidienne, à votre travail ou à vos études est le signe que quelque chose nécessite une évaluation médicale.
Comme les douleurs intenses sont trop souvent normalisées par la société, les affections chroniques sont fréquemment minimisées ou perçues comme de « simples mauvaises crampes de règles ». Cela entraîne des retards dans l’accès aux soins. Au Canada, par exemple, il faut en moyenne de sept à dix ans pour qu’une patiente reçoive un diagnostic définitif de trouble de la santé pelvienne. Comprendre les différences entre l’inconfort menstruel typique et les affections chroniques constitue la toute première étape pour obtenir un traitement approprié.
Douleurs menstruelles vs syndrome prémenstruel (SPM)
Il est également utile de distinguer la douleur menstruelle du syndrome prémenstruel (SPM). Alors que la douleur liée aux règles survient généralement juste avant et pendant la menstruation, le SPM est une combinaison de symptômes physiques et émotionnels (tels que des sautes d’humeur, une sensibilité des seins et des ballonnements) qui commence une à deux semaines avant le début des règles et s’estompe généralement une fois que saignements commencent.

Qu’est-ce que l’endométriose ?
L’endométriose n’est pas uniquement un problème gynécologique; il s’agit d’une maladie inflammatoire, systémique, chronique et complexe. Elle survient lorsque du tissu semblable à la muqueuse de l’utérus (tissu de type endométrial) se développe à l’extérieur de celui-ci.
Ce tissu se comporte comme la muqueuse utérine, mais n’ayant aucun moyen de s’échapper du corps, il provoque une inflammation chronique, des douleurs pelviennes profondes, des cicatrices internes (adhérences) et de l’infertilité.
Bien qu’on la retrouve le plus souvent sur les organes pelviens (comme les ovaires, les trompes de Fallope et la surface externe de l’utérus), les lésions d’endométriose peuvent en réalité se propager dans tout le corps, y compris dans le système gastro-intestinal, la vessie et, dans de rares cas systémiques, au-delà du diaphragme. Elle touche environ 10 % des femmes et des personnes non assignées à la naissance à l’échelle mondiale, et les symptômes peuvent se manifester à tout âge, pas seulement pendant les années de fertilité optimale.
Symptômes courants de l’endométriose
Selon Organisation mondiale de la Santé, il existe cinq symptômes courants de l’endométriose. Cependant, comme l’endométriose est une affection inflammatoire systémique, ses manifestations peuvent certainement aller bien au-delà de ces cinq signes. Les symptômes fréquents de l’endométriose incluent :
- Des douleurs pelviennes intenses
- Des relations sexuelles douloureuses (dyspareunie)
- Des règles douloureuses
- Des saignements menstruels abondants
- Des douleurs à la miction (action d’uriner) et/ou lors des selles
- De l’infertilité
Comprendre les stades de l’endométriose

L’endométriose est généralement classée en quatre stades médicaux en fonction de l’emplacement, de la profondeur et de la quantité de tissus et de tissus cicatriciels :
- Stade 1 : Minime
- Stade 2 : Léger
- Stade 3 : Modéré
- Stade 4 : Sévère
C’est une idée reçue courante de croire que le stade de la maladie correspond à l’intensité de la douleur ressentie. Le niveau de douleur de l’endométriose n’est absolument pas lié à la gravité ou au stade de la maladie. Une personne peut être atteinte du stade 1 (lésions superficielles minimes) et ressentir une douleur nerveuse localisée insoutenable, tandis qu’une autre peut être atteinte du stade 4 (impliquant des lésions infiltrantes profondes qui lient les organes entre eux, ou des kystes ovariens dits « chocolat » appelés endométriomes) et ne ressentir que très peu de symptômes; un phénomène connu sous le nom d’« endométriose asymptomatique » ou silencieuse.
Bien que le stade 4 de l’endométriose soit associé à un risque plus élevé de distorsions anatomiques qui nuisent à la fertilité, de nombreuses personnes présentant des stades avancés de la maladie réussissent tout de même à mener une grossesse à terme.
Adénomyose vs endométriose
Bien que l’adénomyose et l’endométriose soient toutes deux des troubles inflammatoires progressifs et douloureux impliquant du tissu endométrial, il s’agit d’affections distinctes situées à différents endroits du corps qui doivent être comprises séparément. Dans certains cas, les femmes peuvent souffrir des deux troubles simultanément.
La principale différence : Dans l’adénomyose, les cellules se développent à l’intérieur de la paroi musculaire de l’utérus (le myomètre), ce qui rend les parois de l’utérus épaisses, volumineuses et globalement enflammées. L’endométriose, quant à elle, se produit entièrement à l’extérieur de l’utérus (sur les ovaires, par exemple).
Symptômes courants de l’adénomyose
- Des saignements menstruels graves, abondants et prolongés
- L’expulsion de gros caillots de sang pendant les règles
- Une douleur pelvienne chronique et sourde
- Des relations sexuelles douloureuses
- Un utérus volumineux et sensible (qu’un médecin peut remarquer lors d’un examen pelvien)
Endométriose vs syndrome métabolique des ovaires polykystiques (auparavant connu sous le nom de syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK)
Le syndrome métabolique des ovaires polykystiques (SMOP) — historiquement appelé SOPK — est une autre affection fréquemment évoquée aux côtés de l’endométriose. Bien que tous deux soient des troubles endocriniens (hormonaux) qui affectent le cycle menstruel, leurs mécanismes sont totalement différents.
Le SMOP est principalement un trouble métabolique et hormonal caractérisé par des taux élevés d’androgènes (hormones mâles) et une résistance à l’insuline, ce qui perturbe l’ovulation. Plutôt que de provoquer les douleurs tissulaires intenses et inflammatoires caractéristiques de l’endométriose, le SMOP se présente généralement par :
- Des règles irrégulières, espacées ou complètement absentes
- Une pilosité faciale ou corporelle excessive (hirsutisme)
- Une acné sévère et une peau grasse
- Une prise de poids ou une difficulté à en perdre
- Un amincissement des cheveux de type masculin (alopécie)
Bien que les deux affections puissent causer des irrégularités menstruelles et affecter la fertilité, elles nécessitent des approches thérapeutiques totalement distinctes.
Prise en charge et soutien

Il n’existe actuellement aucun remède connu pour guérir l’endométriose ou l’adénomyose, mais un diagnostic précoce et précis permet d’établir une stratégie de prise en charge hautement personnalisée afin de préserver votre qualité de life. Le traitement n’est jamais universel et peut inclure :
- La prise en charge médicale : Des thérapies hormonales pour supprimer le cycle ou des médicaments antidouleur pour contrôler l’inflammation systémique.
- Les interventions chirurgicales : La chirurgie d’excision laparoscopique (qui consiste à couper et retirer les lésions jusqu’à la racine) pratiquée par un spécialiste qualifié est la norme la plus efficace pour éliminer les tissus, bien que les lésions puissent réapparaître.
- Les changements d’alimentation et de mode de vie : Bien que l’alimentation ne puisse pas guérir une maladie cellulaire, adopter un régime anti-inflammatoire (comme réduire les aliments ultra-transformés, les sucres raffinés ou les déclencheurs personnels comme le gluten ou les produits laitiers) peut atténuer considérablement les symptômes inflammatoires systémiques. Une étude médicale récente a d’ailleurs révélé qu’un changement d’alimentation pouvait aider à réduire l’intensité des symptômes.
L’importance d’un diagnostic et d’un traitement appropriés

En raison de la complexité et de la diversité des symptômes, et parce que l’endométriose imite souvent d’autres affections gynécologiques, elle nécessite les soins spécialisés d’un centre de gynécologie et de médecins capables de diagnostiquer et de traiter adéquatement la maladie.
Historiquement, une procédure chirurgicale appelée laparoscopie (ou cœlioscopie) — au cours de laquelle un médecin insère une minuscule caméra dans l’abdomen pour visualiser et biopsier les tissus — était considérée comme le seul moyen de confirmer l’endométriose. Bien qu’une biopsie laparoscopique demeure la référence absolue pour une confirmation histologique définitive, l’imagerie médicale avancée a considérablement évolué. Des échographies de cartographie pelvienne hautement spécialisées et des IRM ciblées, interprétées par des techniciens qualifiés, permettent désormais de détecter de manière fiable l’endométriose infiltrante profonde, l’adénomyose et les endométriomes sans avoir recours à une chirurgie immédiate.
Clinique de gynécologie VM Med
À la clinique de gynécologie VM Med, notre mission est de prendre soin de la santé des femmes tout au long de leur vie. Dans un cadre accueillant et bienveillant, notre équipe offre des consultations et des traitements spécialisés pour divers problèmes gynécologiques, notamment les menstruations, la ménopause, les déséquilibres hormonaux, les infections sexuellement transmissibles et les affections bénignes et malignes.
Pendant votre consultation, votre médecin prendra le temps de vous écouter, d’effectuer les examens nécessaires et de vous recommander des services supplémentaires, le cas échéant. Notre clinique propose une gamme complète de soins, allant des bilans annuels et des dépistages du cancer du col de l’utérus à la contraception, à la planification familiale et à la gestion de la ménopause. Nous offrons également des cliniques spécialisées dans le traitement de conditions, telles que la vulvodynie, le vaginisme et les troubles cutanés vulvaires, ainsi que des procédures avancées, notamment la colposcopie, l’hystéroscopie, les chirurgies mini-invasives et des traitements innovants, comme MonaLisa Touch et la thérapie par plasma riche en plaquettes.
Expertise de la Dre Lorraine Dontigny
Dre Lorraine Dontigny (M.D., F.R.C.S.(C) est obstétricienne-gynécologue chez VM Med. Son expertise porte sur la gynécologie générale, avec un accent particulier sur le syndrome génito-urinaire chez les femmes ménopausées. Elle a suivi sa formation médicale et effectué sa résidence à l’Université de Montréal. De 2000 à 2022, la Dre Dontigny a été membre appréciée de l’équipe d’obstétrique et de gynécologie de l’Hôpital LaSalle à Montréal, ainsi que professeure adjointe à l’Université McGill et à l’Université de Montréal. La docteure Dontigny effectue différentes interventions, dont la colposcopie, l’hystérosonographie et la thérapie au laser CO2 fractionné MonaLisa.
Ressources complémentaires
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter nos nombreux articles publiés sur le blogue VM-Med, notamment « L’importance des bilans annuels : le pouvoir des soins préventifs » ou « L’impact de la thyroïde sur les femmes, les hormones et les menstruations ».
Vous avez d’autres questions ? Prenez rendez-vous avec nos experts. Nous prenons en charge chaque aspect de la santé de nos patientes tout au long de leur vie.